Un étrange duel

24.08.2010

Un des textes qui composent le spectacle le cri de l’Ôtruche.

Le début :

un étrange  duel (extrait)

Un jeune homme ivre et un homme plus âgé entrent en se battant au sabre.Le vieux a aussi un casque et un bouclier, il a beau se démener comme un furieux, son habileté semble peu convaincante. Le jeune homme le domine sans effort.

Le jeune homme : Doucement beau papa, doucement à ce rythme là vous allez vous éreinter !

Le père noble : Ne m’appelez pas beau papa, scélérat !

Le jeune homme : Ne m’appelez pas scélérat, beau papa !

Le père noble : Bon ! Pas la peine de discutailler, de toute façon dans peu de temps vous n’appellerez plus personne. Taïaut ! (Il repart à l’attaque)

Le jeune homme : (Parant sans effort) Sur ce terrain là, je suis bien d’accord avec vous beau papa, la vie n’est qu’un souffle qui passe…à une de ces vitesses d’ailleurs, oh! la la, si c’est pas malheureux…  On est jeune, puis on n’est vieux, puis on meurt…

Mais ne soyons pas triste car finalement si je songe à cet infini du temps qui nous broie,  si j’y songe fort hein ! Et bien je vous donne aisément deux ans de moins.

Le père noble : (qui n’a pas cessé de s’escrimer, s’arrêtant soudain) Dites-moi franchement, comprenez-vous ce que vous dîtes ?

Le jeune homme : Pas toujours, mais l’alcool aidant, je fais comme si cela allait de soi.

Le père noble : Ah c’est donc ça ? Heu Taïaut (Il reprend le combat).

Le jeune homme : Je  vous propose donc de nous allier contre cette fatalité du temps qui nous broie, faisons lui la nique, une fois votre fille épousée, je vous assure qu’une descendance toute joufflue pourra témoigner de notre passage sur cette terre.

Le père noble : L’inconvénient de cela cher monsieur, c’est que vous allez me la gâter  ma descendance toute joufflue.

Le jeune homme : Évidemment si vous jugez de mes talents par les vôtres, je suis perdu.

Le père noble : Vous êtes un raté ! Il n’est pas nécessaire d’avoir un esprit particulier pour en juger.

Le jeune homme : Et le vôtre est si commun.

Le père noble : Vous m’insultez ?

Le jeune homme : Non beau papa, je constate.

Le père noble : Si, si, là vous m’insultez et cessez de m’appeler beau papa, scélérat !

Le jeune homme : Encore, vous allez finir par me convaincre….

Claude Gisbert